La mort d'Eric


Auteur :
Illustrateur :
Pierre Joubert


Vers le dossier consacré à la saga du Prince Eric

le prince Eric
Eric Jansens, prince de Swedenborg (13 juin 1922 - 13 juin 1940)

Les éditions...

Comparatif de quelques couvertures (194 ko)


Présentation

Ce récit qui, à l'origine, couronnait l'ensemble, est moins une fin qu'un commencement. Si Eric meurt à la guerre le matin de ses dix-huit ans, l'Histoire poursuit son cours, car elle s'écrit moins avec le sang des morts qu'avec la résolution des vivants. Eric est mort, mais Christian vit. Et avec lui, presque tous ceux qui apparurent au cours de cette histoire, souvent drôle, parfois dramatique, mais toujours généreuse.

Il ne s'agit plus seulement d'un roman, mais d'un récit qui se situe dans la terrible période de la guerre 39-45, et qui n'a rien perdu de son actualité, car, comme l'écrit Serge Dalens : "... Je pense, moi, qu'un garçon de quinze ans... est un garçon, c'est à dire un homme... Je pense qu'il peut tout comprendre, aussi bien, mieux peut-être qu'une <grande personne>, précisément parce qu'il allie la générosité de l'enfant à la vigueur de l'homme. Parce qu'il sait tout ce qu'on lui cache et n'en dit rien..."




AVANT-PROPOS de Serge Dalens (Paris - 1943)

LE BRACELET DE VERMEIL et LE PRINCE ERIC furent écrits pour des scouts de quatorze ans. Ce livre, lui, est destiné aux garçons qui eurent dix-sept ans en même temps qu'Eric et Christian. Il sera sans doute bien difficile, si l’on n'a pas lu les premiers ouvrages, d'accorder un intérêt suffisant au récit des dernières aventures d'Eric adolescent. Car il ne s’agit plus d'un roman, mais bien d'un récit. La fiction s'efface devant la réalité. L'histoire n'est qu'un fil doré, rehaussant l’indifférente tapisserie des faits. Le livre se termine mal. Le Prince n'est pas vengé, le lecteur n'est pas consolé. Les "grandes personnes" seront probablement mécontentes, car ces pages sont tristes, tristes comme la guerre qu'elles perdirent. Sans doute prétendront-elles que ce livre "n'est pas pour les enfants".

Or, je pense, moi. qu'un garçon de quinze, seize, dix. sept ans, est un garçon. C'est-à-dire un homme. Je pense qu'il n'y a pas de raison. de le traiter à la paix autrement qu'à la guerre. De le traiter dans sa maison autrement qu'en ces jours de 40 où il courait dans les champs. De lui cacher la vérité.

Je pense qu'il peut tout comprendre, aussi bien, mieux peut-être, qu'une "grande personne", précisément, parce qu'il allie pour un temps très court, la générosité de l'enfant à la vigueur de l'homme. Parce qu'il sait tout ce qu'on lui cache et n'en dit rien.

Si j'ai peint des maîtres indignes, des officiers fuyant, ce n'est ni pour le plaisir de me faire mal à moi même, ni par dénigrement imbécile, mais pour qu'ayant connu le visage de la vérité, pour qu'ayant vu la bravoure des uns payer la lâcheté des autres, la grandeur des petits racheter la vilenie des grands, la ténacité d'une poignée sauver l’honneur de tous, nos garçons serrent un peu les dents et se promettent de faire mieux que leurs parents. Pour que, songeant à la mort d'Eric, mort obscure, inutile, mais non pas inféconde, au destin de Christian, symbole des prisonniers, ils sachent qu'ils doivent rebâtir la France d'aujourd'hui et non la France de demain. Pour qu'ils sachent que le voilà bien passé, le temps des thèmes latins. Qu'il est l’heure de fermer les poings, l'heure d'interroger leurs pères - ou d'autres hommes si ceux-ci ne répondent rien.

Ouvre les yeux sur l'Europe : devant ces Allemands orgueilleux de l'être, ressuscite la France.
Crois au travail, à l'intelligence, à la force.
Sors de l'humanité. Son manteau brun couvre plus de poltrons que de saints.
"Bienheureux les humbles !". a dit le Seigneur.
Sois tranquille: ceux qu'Il nomme ainsi ne sont pas des fainéants.
Toi, deviens un conquérant.
Fini le temps des études surveillées. Ton labour, surveille-le toi-même, garçon.
Nous autres, nous sommes déjà vieux. A toi le flambeau.
Mais diras. tu, quel est mon devoir, quelle est la vérité ?
Ton devoir, c'est de mieux t'instruire ce matin pour mieux servir ce soir.
Rappelle-toi la devise des Saint-Cyriens : "Ils s'instruisent pour vaincre."
Ne travaille pas seulement en vue des examens. Forme ton caractère. Adopte une règle et suis-là.
Ne sois pas un bouchon balloté par les flots, un navire sans gouvernail. Affronte la mer et prends la barre.
Fais-toi des amis. Réunis une équipe. Dès maintenant sache à quel poste tu serviras demain.

Quelle est la vérité  ?
Dans le noir il est difficile de saisir son visage.
En ces jours de deuil, la vérité pour toi, c'est d'abord d’être Français.
Les jours vont vite, les années roulent. Avant d'être un homme, apprends à regarder les grandes personnes en face.




La saga du Prince Eric

La saga du Prince Reric (et de son fidèle ami Christian) se déroule tout au long de plusieurs ouivrages :
  1. Le bracelet de vermeil, Strasbourg 1936
  2. Le Prince Eric, Saint Nicolas de Mégève, février 1939
  3. La tache de vin,Dieppe 1939 - Paris 1946
  4. Eric et Mikhail, (Jean-Claude Alain - 1988)
    Les événements rapportés ici se déroulent quelques semaines après ceux relatés dans "Le chemin sans étoiles" (série "Mikhail)et six mois environ après ceux que rapporte "La tache de vin"
  5. La mort d’Eric, Le Moulin d'Ebange 1940, Oppoca d'Aïnhoa - Paris 1942
  6. Eric le Magnifique, 1984
    Ce dernier livre couvre une période embrassant plusieurs des volumes précédents
  7. Les fils de Christian, Un court récit paru en 1953 dans une des "Fusées"
    Repris en 1977 dans le livre du même titre, (Nouveau Signe de Piste, numéro 55) avec des contes et des nouvelles de Jean-Louis Foncine et de Serge Dalens, à l’occasion du quarantième anniversaire du Signe de Piste.
  8. L’affaire Balzac, 1967
  9. 2 et 2 font 5, 1969 (?)
  10. Ainsi régna le Prince Eric, 1992